Aller au contenu
REGARD
  • Contribuez
  • Accueil
  • Regard, la lettre
  • Les Albums
  • Son/Image
  • Archives
RO/FR

Entretien réalisé le dimanche 16 mars en milieu de journée, par téléphone et en français.


Le tableau des candidats à la présidentielle de mai prochain est désormais complet. Première analyse de la campagne électorale avec Ioan Stanomir, professeur de sciences politiques à l’université de Bucarest…

La Roumanie semble divisée entre pro-occidentaux et isolationnistes, une ligne de démarcation qui n’existait pas, semble-t-il, il y a encore un an. Cette situation va-t-elle persister ?

C’est difficile à dire. Tout dépendra de l’habileté et de la sagesse de ceux qui dirigent ce pays, et surtout de ceux qui le dirigeront suite à l’élection. Il est clair que la pandémie et la guerre en Ukraine ont considérablement remodelé le paysage politique. Et il est également avéré que le second mandat du président Klaus Iohannis est directement responsable de l’émergence de courants plus radicaux que ceux que nous avons connus par le passé. Le fossé entre les dirigeants et les citoyens s’est creusé, et c’est dans ce contexte que le radicalisme politique s’est développé. Le président Iohannis en porte incontestablement la responsabilité, de même que l’ensemble des Premiers ministres incompétents et médiocres qu’il a lui-même placés et soutenus ces dernières années.

Les autorités ont-elles suffisamment expliqué les raisons pour lesquelles le premier tour de l’élection présidentielle a été annulé en décembre ?

De mon point de vue, elles l’ont partiellement expliqué. Je pense que dans l’esprit des autorités, les raisons relèvent surtout de ce qui a trait aux accusations portées contre le populiste Călin Georgescu et son acolyte, le mercenaire Horațiu Potra. Cependant, je dirais qu’elles n’ont pas été suffisamment étayées et précises. Or, je crains que ce ne soient les seules explications que nous obtiendrons.*

* Un avis partagé par les politologues Silvia Marton et Sergiu Mişcoiu interrogés en début d’année : https://regard.ro/silvia-marton-8/ et https://regard.ro/sergiu-miscoiu-8/

Un autre Georgescu pourrait-il émerger ?

C’est difficile à prévoir. Călin Georgescu avait deux avantages. Premièrement, un atout jusqu’alors inédit et qui n’a toujours pas été mis au jour : le soutien logistique impressionnant dont il a bénéficié, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Deuxièmement, une forme de charisme et d’aura messianique qui l’a placé dans une posture de sauveur national. Dès lors, il est difficile de juger si un autre candidat disposera d’une telle aura ainsi que d’un soutien logistique similaire lui permettant d’obtenir des résultats identiques. Quoi qu’il en soit, j’ai du mal à me montrer optimiste et préfère rester lucide sur le retard important que notre pays doit combler pour sortir de la position marginale dans laquelle il se trouve en Europe. Nous avons beaucoup de choses à remettre en question sur le plan extérieur ; quant au volet interne, là aussi, il faudra parvenir à crédibiliser à nouveau notre démocratie en joignant la parole aux actes. Nos gouvernants doivent faire preuve de sérieux et passer à l’action. La question reste de savoir si l’exécutif actuel en est capable, à la fois en termes d’action mais aussi d’image. À l’heure actuelle, la seule certitude réside en la victoire du Parti social-démocrate aux dernières élections parlementaires. Et que Marcel Ciolacu a été reconduit au poste de Premier ministre.

Propos recueillis par Carmen Constantin (16/03/25).

Navigation de l’article

Publication précédente

Razvan Martin

Publication suivante

Mohamed Ketata

REGARD

Contactez-nous :

ASOCIAȚIA REGARD, organisation de droit privé sans but lucratif. Siège social : rue Gheorghe Țițeica nr. 212-214, 3ème étage, salle 2, code postal 014475, secteur 2, Bucarest. Numéro au Registre des associations et fondations : 128/13.12.2016 – Code d’enregistrement fiscal : 36890716.

Droits réservés, Regard 2022–2026