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Entretien réalisé le vendredi 30 janvier dans la soirée, par téléphone et en roumain.


L’hiver est cette année plus froid. Qu’est-ce que cela signifie et qu’en seront les conséquences ? Explications avec le climatologue Bogdan Antonescu…

En Roumanie, cet hiver est beaucoup plus froid que les années précédentes. Comment cela s’explique-t-il et quelles en seront les conséquences pour l’agriculture et le système énergétique ?

Il s’agit en effet d’un hiver particulier qui relève de ce que l’on appelle la variabilité naturelle. Autrement dit, si les années précédentes certaines régions n’ont pratiquement pas connu de chutes de neige ou un temps hivernal disons normal, cela ne signifie pas qu’il en sera ainsi tout le temps. Et je fais ici référence au contexte du changement climatique. Les baisses brutales de température ou les chutes de neige abondantes sont également liées à un dysfonctionnement climatique. Concernant l’agriculture, une année avec de la neige est très importante, d’autant que cela a manqué les hivers derniers. Une fois qu’il y a de la neige, vous avez assurément des réserves d’eau qui apparaissent au début du printemps, ce qui est très positif. D’un autre côté, les changements brusques de température ne sont pas forcément bons, certains fruits et légumes ne les supportent pas. Quant au système énergétique, je ne pense pas qu’il y ait de problèmes particuliers. Si nous avions eu une période de froid très longue, cela aurait mis le réseau sous pression, comme aux États-Unis, où les températures très basses et les chutes de neige abondantes ont perturbé l’alimentation en électricité. Ceci dit, ici comme ailleurs, plus de froid signifie plus de consommation d’énergie, c’est-à-dire une contribution supplémentaire au changement climatique et à tous les effets liés aux conditions météorologiques extrêmes. D’où la nécessité de poursuivre l’échafaudage d’un mix énergétique* où la part des énergies renouvelables sera toujours plus importante.

* Le mix énergétique désigne la répartition des différentes sources d’énergie (comme le pétrole, le gaz, le charbon, le nucléaire, les énergies renouvelables, etc.) utilisées dans un pays ou une région pour répondre à ses besoins en énergie (chauffage, transport, industrie, électricité, etc.). Il reflète les choix économiques, géopolitiques et environnementaux d’un territoire. Source : touteleurope.eu

À quoi ressembleront le printemps et l’été ?

Difficile à dire pour le printemps. C’est une saison de transition, capricieuse. En revanche, nous savons ce qui se passera cet été ; il est désormais clair que les étés seront de plus en plus chauds. D’un autre côté, les climatologues n’ont pas la possibilité d’être très précis quant à l’évolution des températures, ni de savoir si nous aurons des précipitations ou des tempêtes. La tendance générale est que le printemps sera plus court et l’été plus long, avec des vagues de chaleur. Malheureusement, ce sont là des changements auxquels il va falloir s’habituer à partir de maintenant.

Question subsidiaire… La Roumanie est l’un des pays européens où l’air est le plus pollué. Comment la situation va-t-elle évoluer selon vous ?

C’est exact, la Roumanie est l’un des pays les plus pollués de l’Union européenne, et, à mon avis, ces derniers temps la situation ne s’est pas beaucoup améliorée. Dans les villes, la combinaison d’émissions de plus en plus importantes liées au trafic automobile et des périodes de canicule a déjà et aura un impact sur la santé des personnes. Or, je ne vois aucun changement d’attitude, de mobilisation. Il faudrait accorder une attention beaucoup plus importante à cette question, tant sur le plan administratif que politique.

Propos recueillis par Carmen Constantin (30/01/26).

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