n° 46 - 15 juillet 2010 - 15 octobre 2010
  





 

EDITO

Donner de l’espoir

Renouveler l’élite d’un pays n’a jamais été simple. Que ce soit en Roumanie ou ailleurs. Ceux qui dirigent ont tendance à choisir leur dauphin, surtout quand le pays a déjà subi un régime communiste et dictatorial. La hiérarchie de la société est alors structurée en fonction des réseaux, des accointances, il n’y a pas d’autres options. Les années de transition démocratique ne suffisent pas pour s’en extirper, la régénérescence des leaders prend du temps, beaucoup de temps. Et lorsque l’actualité rappelle les comportements clientélistes du passé, la résignation s’installe. Si la plupart des étudiants roumains ne pensent plus à partir à l’étranger autant qu’avant, s’ils sentent que des choses sont à faire ici, s’ils ont enfin compris qu’à l’Ouest la situation n’est pas idyllique, leur regard désabusé sur la classe politique ou l’attitude de certains grands patrons en dit long. Ils restent mais ont besoin d’espoir. Donner de l’espoir est essentiel.
Ce qui me rappelle un entretien avec un jeune secrétaire d’État roumain fraîchement débarqué de Bruxelles. Il venait d’y passer cinq ans. On lui avait demandé de mettre un peu d’ordre à Bucarest. À la question rêvez-vous d’un avenir politique en Roumanie, il m’avait répondu non, un non catégorique. « Je veux rester moi-même. » Façon de dire que pour y arriver, il faut se compromettre et d’abord suivre le chef.
En France, le renouvellement de l’élite n’est pas non plus évident. Les grandes écoles parisiennes, seules pépinières pour futurs dirigeants, sont décriées parce que ce sont « toujours les mêmes » qui y rentrent. Mais on peut aussi apprécier qu’un pays puisse proposer à tous ses jeunes la possibilité d’aller loin, ces écoles sélectionnent théoriquement en fonction des aptitudes et non pas des moyens financiers.
Donner de l’espoir est essentiel.
La faute revient donc, comme partout, à celui qui est encore et toujours en place. Qui s’accroche à son poste coûte que coûte. Et ne donne aucun espoir. Car il lui est insupportable de perdre ce qui, à son âge, l’anime plus que tout : le pouvoir.

                                       

                                                

Laurent Couderc

 

 

 

SOMMAIRE REGARD numéro 46

15 juillet 2010 / 15 octobre 2010

 

A LA UNE
Les leaders de demain

RENCONTRE
Sandra Pralong, présidente de SynergEtica

SOCIETE
Quand les « gueules noires» descendaient sur Bucarest
Recherche médicaments désespérément
L'insoutenable incapacité à s'unir

ECONOMIE
La Roumanie dans de sales draps?
Régime draconien dans le privé
A la recherche des marchés perdus

CULTURE
Recontre avec Isabelle Hupert
Sibiu, entre carnaval et festival
Envie de faire rire? Stand-up!

CHRONIQUES
Nicolas Don
Isabelle Wesselingh
Alex. Leo Serban
Luca Niculescu

 

 

 

 

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