Si les signaux macroéconomiques de la Roumanie restent positifs, il y a cependant de quoi être un peu inquiet. La plupart des propositions de loi récentes ont été très populistes (sur les crédits bancaires, l'augmentation des retraites, des allocations familiales)...

Puis sont apparus les scandales dans la santé, l'éducation, la culture, avec un gouvernement de technocrates plutôt impuissant qui ne dispose pas de lois intelligentes pour une intervention efficace. Un gouvernement qui n'est décidément pas aidé par un Parlement d'affairistes, de corrompus. Dans les régions, la situation n'est pas meilleure : chantage et népotisme de la part de certains parlementaires restent des manœuvres courantes.

Ces parlementaires ne se rendent pas compte des conséquences économiques de leurs actes, obnubilés par leurs propres intérêts. Les leaders syndicalistes n'aident pas non plus ; les demandes incessantes d'augmentation de salaire ne prennent pas en compte la réalité, celle du budget de l'État qui a besoin d'être couvert, au risque de devoir emprunter de nouveau au Fonds monétaire international.

En Roumanie, la politique économique a perdu son adjectif, il ne reste plus que la politique. Certes, le gouvernement actuel s'efforce tant bien que mal de redresser la barre, ou plutôt de résorber certains déséquilibres. Deux domaines ont des besoins urgents : la santé et l'éducation – la part de la santé au sein du produit intérieur brut notamment reste environ moitié moins importante que dans le reste des pays de l'Union européenne. Début mai, le Premier ministre Dacian Cioloş s'est engagé à remédier aux carences de ces deux secteurs clés pour le développement du pays. Plus fondamentaux que des revendications ne tenant pas compte des capacités réelles de l'État, ni de la logique économique.

Cet automne, lors des élections législatives, les Roumains seraient bien avisés de prendre en compte trois choses avant d'élire leurs représentants. Premièrement, le Parlement fait la loi, alors il vaudrait mieux y envoyer des personnalités conscientes des problèmes du pays plutôt que des gens « célèbres » qui n'y comprennent pas grand-chose. Deuxièmement, un mécanisme de contrôle des activités des parlementaires s'impose, voire d'annulation de certaines lois le cas échéant. Problème : seul le Parlement lui-même est en mesure de mettre en place un tel mécanisme. Enfin, le Parlement est le troisième pilier du pays après le Président et le Gouvernement. Il serait peut-être souhaitable de savoir quelles sont ses priorités. Or, nous n'en savons jamais rien.

Dan Popa. Photo : Andreea Alexandru / Mediafax

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